La crise sanitaire du coronavirus a contraint à la fermeture d’espaces culturels pendant plusieurs mois et ce n’est pas terminé. Pour les réactiver, trois facteurs très clairs : la distanciation sociale, la désinfection et la numérisation.

Les cinémas et les théâtres ont réduit la capacité de leurs salles et laissé des sièges vides entre les spectateurs pour garder les distances. Les concerts ont inclus des chaises et des circuits d’entrée et de sortie. Le concept d’espace culturel est très vaste et il n’y a pas de solution architecturale unique pour sa réactivation après la COVID-19, mais nous allons nous concentrer sur les musées et les expositions en salle pour analyser comment ils s’adaptent à cette nouvelle réalité.

L’architecte espagnol Ángel Rocamora, spécialiste de l’architecture éphémère et des projets culturels, explique que les espaces architecturaux fermés, « qui gardent précieusement à l’intérieur ce que nous visitons, ont dû s’adapter temporairement à une plus grande agilité dans la visite et sans agglutinement ». La réduction de capacité et la nécessité pour les visiteurs de ne pas s’accumuler dans les salles ont rendu les expositions plus exclusives. « Le musée ou les espaces d’exposition ont été des lieux luxueux, avec des visites presque privées et avec une plus grande liberté pour profiter du contenu. Il est devenu possible d’être pratiquement seul devant un tableau, contrairement à il y a dix mois où l’on ne pouvait pas s’en approcher à moins de deux mètres en raison du nombre de personnes qui passaient par ces lieux », note Rocamora comme facteur positif de la crise.

Comment les espaces culturels se sont-ils adaptés au niveau architectural ?

Joel Sanders, professeur à l’École d’Architecture de Yale, a déclaré au journal  The New York Times : « Le virus n’est pas uniquement un problème de santé, c’est aussi un problème de design. L’architecture doit s’adapter aux nouveaux besoins ».

Le studio Rocamora travaille actuellement sur un projet international pour une exposition temporaire d’archéologie. La nouveauté incluse dans cette présentation est que toutes les visites sont planifiées pour être guidées par du personnel spécialisé et en petits groupes. « L’exposition a été conçue en définissant les espaces de rencontre pour des explications spécifiques. Le sens du parcours est très clair et sans possibilité de retour et, de plus, il n’est pas possible de se promener librement dans l’espace d’exposition », détaille-t-il.

La tendance est que toutes les expositions ont un parcours balisé et à sens unique. Par conséquent, ce seront des expositions avec un discours linéaire et cette caractéristique s’appuie également sur l’architecture. « Les zones de contrôle d’entrée, d’explication et d’audiovisuel doivent être spacieuses pour que toutes les personnes soient dans le même groupe. Les zones didactiques, comme auparavant les reproductions 3D interactives, nous les avons remplacées et renforcées par d’autres outils tels que des panneaux faciles à lire ou des stations didactiques multiformats ».

Le rôle de la numérisation dans les espaces culturels

Le rôle clé de la numérisation des espaces culturels était déjà évident pendant le confinement. L’activité sur les réseaux sociaux et le travail sur les sites web pour apporter du matériel physique à l’environnement numérique se sont multipliés en très peu de temps. Le format le plus utilisé a été la visite virtuelle.

Post-pandémie, pour la réaction de ces espaces culturels, la technologie est présente en de nombreux points, depuis les entrées électroniques jusqu’aux sanitaires contactless. Des panneaux électroniques contenant des explications didactiques ou des informations utiles ont été incorporés dans les expositions physiques, ainsi que du matériel audiovisuel.

« Nous sommes au Moyen Âge de la numérisation. Nous devons être exigeants pour rechercher des formats plus complexes et hybrides, où nous pouvons offrir au visiteur des lectures et des plaisirs plus complets », critique Rocamora, tout en étant optimiste, « un moment passionnant arrive pour découvrir comment cette technologie peut être appliquée à la culture d’une manière pratique, incisive et davantage passionnante ».

Les entrées électroniques, les distributeurs de gel hydroalcoolique contacless, les circuits fermés ou l’aération sont des éléments qui ont déjà été intégrés dans la conception des expositions, et pour rouvrir des musées ou des espaces culturels intérieurs. Mais il reste encore un long chemin à parcourir pour que la numérisation et le design d’intérieur innovant portent cette nouvelle ère dans les espaces culturels.