La cocréation, le travail en équipe, est peut-être l’aspect le plus significatif de ce projet qui réunit design, industrie et technologie pour créer des équipements urbains en rapport avec le bien-être et l’économie circulaire. Il est de plus basé sur la tentative de garder les produits, les matériaux et les ressources au sein de l’économie le plus longtemps possible pour ainsi réduire la production de déchets.

C’est d’ailleurs l’objectif principal de ce projet SUC (Sustainable Urban Commons) dans lequel Grupo Industrias Saludes et La Pinada Lab se joignent à La Marina de Valence et au WDCV2022 pour créer, mettre en œuvre expérimentalement et promouvoir la réplication d’éléments urbains durables destinés aux espaces ouverts du port historique de Valence. Le but est de repenser cet espace extérieur afin que les citoyens et les visiteurs en profitent davantage comme point de rencontre et bénéficient de toutes sortes d’activités, conformément aux principes énoncés par le New European Bauhaus (NEB), qui relève le défi de « définir des formes de coexistence plus belles, durables et inclusives ». Le NEB est une initiative créative et interdisciplinaire qui relie le pacte vert pour l’Europe à nos espaces et à nos expériences vitales.

Des matériaux comme le plastique recyclé et d’autres moins conventionnels, bien que très locaux, comme la posidonie (oui, celle qui recouvre le fond de la Méditerranée, qui n’est pas une algue, mais une plante avec ses feuilles, ses fleurs, ses racines et ses tiges) et la coque de riz (sans aucun doute très valencienne aussi) ont été utilisés. Leur empreinte environnementale est très faible voire nulle et, en plus, ils offrent des performances élevées pour améliorer la résistance, la durabilité et l’entretien des objets conçus avec ces matériaux.

C’est le défi du projet SUC et afin de trouver la solution innovante recherchée, la conceptualisation ainsi que le développement des nouvelles structures ont eu un caractère très participatif. Cette action a en effet impliqué deux professionnels du design de produits et dix étudiants des différentes universités valenciennes où cette discipline est enseignée afin d’intégrer divers points de vue qui enrichissent les conceptions et permettent aux pièces d’être connectées à leurs utilisateurs et le contexte dans lequel ils vivent. De plus, ils bénéficient des connaissances et de l’expérience de l’Institut Technologique des Plastiques (Aimplas) et de l’Institut de Biomécanique de Valence (IBV).

Ils participeront tous à la création des prototypes, avant la phase d’expérimentation, où des valeurs telles que la durabilité et la fonctionnalité seront prises en compte. Cette étape sert à apprendre l’utilisation des pièces développées, si le design est validé ou non, et comment les matériaux fonctionnent.

L’un de ces nouveaux éléments urbains s’appelle Colonia. Il s’agit d’une pièce composée de plusieurs modules qui s’inspire des mosaïques en céramique Nolla, utilisées dans le revêtement de nombreux bâtiments modernistes et qui permettent diverses utilisations. Ce qui est nouveau dans ce cas, c’est l’utilisation du polyéthylène (PE, l’un des plastiques les plus faciles à recycler) comme seul matériau dans chacune des pièces qui composent le tout. Une autre des structures conçues, Maraña, imite les vagues de la mer et invite au plaisir et à la détente en tenant compte d’aspects tels que l’ergonomie. Pour sa fabrication, des profilés d’extrusion de coque de riz et de posidonie avec des additifs de haute résistance au soleil et des pigments naturels seront utilisés comme matériaux de surface. La structure sera en acier inoxydable, très résistant au milieu marin.

Le résultat final du projet SUC sera 100 % valencien, une sorte d’héritage pour la société et un élément de visibilité de sa culture et de ses valeurs.